Internet Passe Devant La Presse écrite En Europe

JournalC’est dans LeMonde.fr que je le lis : « les européens consacrent désormais plus de temps à surfer sur Internet qu’à lire journaux et magazines sur papier« . L’étude, publiée le 9 octobre dans le Financial Times, a été réalisée par le cabinet Jupiter Research auprès de plus de 5 000 personnes, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne.

Une étude qui en appelle d’autres donc, sur un sujet qui n’est pas loin de faire consensus auprès des populations d’internautes réguliers. Faites un sondage autour de vous pour savoir qui achète régulièrement un quotidien, de la presse spécialisée, consulte les pavé de Pages Jaunes qu’on stocke chaque année dans votre hall, qui recherche un emploi ou un logement sans passer par Internet, etc…

Informations clés :

  • Les Européens passeraient en moyenne quatre heures par semaine sur Internet,
  • 3 heures à lire la presse,
  • Entre 2003 et 2006, le temps passé sur le Web a doublé, passant de 2 à 4 heures par semaine.
  • Parallèlement le temps de lecture hebdomadaire est resté stable à 3 heures,
  • La télévision reste le 1er média,
  • On passe encore 3 fois plus de temps devant la TV que sur Internet.
  • Pour comparaison, les Américains passent eux en moyenne 14 heures par semaine sur Internet, soit autant que devant la TV, et comme en Europe, 3 heures à lire la presse.

Le Monde note que « la connexion à haut débit accélère cette tendance« . C’est en effet la France qui affiche le plus fort taux, avec 5 heures en ligne par semaine. Sur les 27,3 millions d’internautes français, selon Médiamétrie, 18,6 millions se sont connectés en haut débit en juillet 2006. L’Allemagne est en revanche à l’autre bout de l’échelle.

Je vois trois ou quatres réflexions se profiler derrière cette annonce, qui si elle n’est pas une nouvelle ne fait que confirmer la tendance :

  1. La remise en cause de la répartition des budgets publicitaires qui suit chaque jour le transfert des investissements en marketing et communication vers le Web.
  2. La question de la production de contenu à l’heure de la pauvreté remâchée du Web 2.0 qui ne pourra pas contenter tout le monde, même s’il y a un modèle (comme le disait Franck Poisson, la nullité d’une majorité des contenus TV en est la preuve). Et donc derrière celà la rémunération des auteurs, la joute blogueurs/journalistes et l’internaute producteur de contenus professionnalisé.
  3. Le volet financier (bourse, rachat-fusion) des géants des médias traditionnels et des média Internet : acquisitions, saine concurrence, nouveaux modèles, Bulle 2.0 ?..
  4. Le modèle payant. La possibilité de modèles économiques sur le Web non plus basés sur la seule publicité mais sur l’évolution des mentalités vers la prise de conscience que tout n’est pas gratuit sur Internet et que de vrais services peuvent avoir un prix. Inéluctable pendant du modèle publicitaire, ce ne sera autrement que progressivement, avec des acteurs réalistes remplaçant les mastodontes ineptes qui voulaient vous faire télécharger des CD à 10€ (de quasi-marge), des services riches et des politiques de prix étudiés.

Commentaires

  1. sandrine Szabo a écrit :

    Ce qui est surprenant c’est la panique que cela génère : tout le monde achète à tours de bras tout et n’importe quoi car le manque d’inspiration est tel qu’ils ne savent plus quoi faire. Je trouve plutôt inquiétant les réactions de la presse face à la vague des gratuits et maintenant au raz de marré internet. Il serait peut être le moment de procéder à une petite remise en question…non ? Ce qu’a démontré la perçée des gratuits c’est que les gens qui lisaient le journal étaient consommateurs d’information rapides, pas trop recherchées et gratuites. Ce que l’on cherche sur internet c’est différent, c’est l’inédit, l’insolite, ce qui n’a pas été filtré par la presse. La communauté internet a d’autres besoins, d’autres habitudes qu’il serait utile d’étudier pour proposer un contenu, des services… Ce que la presse a toujours fait c’est de concentrer, sélectionner, censurer…. Le modèle d’agoravox est intéressant à cet égard. Il propose une ouverture et non une limitation. Je pense que le modèle des médias de demain va devoir lui aussi passer par une remise en question web 2.0 : se montrer plus ouvert, plus collaboratif. En tout cas une chose est sure, pour séduire la communauté internet, le meilleur moyen, c’est de leur demander ce dont elle a envie et de construire le média de demain avec elle !

  2. Dominique a écrit :

    Quand ce qui reste des métiers du livre, dernier bastion de défense des privilèges des syndicats avec la SNCF, voit arriver une presse gratuite qui détourne 10% du gâteau des annonceurs dans ses pages gratuites, on aime ou on aime pas mais les réactions ne sont pas étonnantes !

    Il en faut pour tous. Gratuit ou payant, collaboratif ou pas. L’inédit, le secret, n’est pas sur Internet – tout n’est pas sur Internet en fait, contrairement à une idée qui dure parmi les gens qui découvre l’immensité du Web.

    Par contre le remâché, le plaggiat, la médiocrité ordinaire, voilà ce qu’on trouve en masse, surtout quand c’est UGCL (User Generated Content – de Lui) !

    Le Web, Internet, jouera bien entendu un rôle considérable comme dans de nombreux secteurs économique et aspects de la vie.

    A ce propos, le Web dit-2.0 est le nom marketing d’un produit dont le code usine est « Web Commercial ». 🙂

  3. sandrine Szabo a écrit :

    Je suis d’accord sur le fait que les sites d’informations actuels, recyclent pour beaucoup les mêmes informations. Mais bon tu as lu les paris match ou autres feuilles de chou du style ? Le plagiat n’est pas l’apanage du net ;-). Là où je pense que les médias peuvent se singulariser, c’est justement en proposant des contenus différents. Envoyez un communiqué de presse à un journal et vous verrez : il y a très peu de chance que celui-ci soit relayé. Il y a donc de la place pour plus d’information, mais autrement. Je ne dis rien d’autre que le fait que les médias doivent se trouver un autre modèle car celui qui existe n’est pas satisfaisant. Ce qui me sidère toujours dans les réactions « syndicalistes » dont tu parles c’est cet acharnement à vouloir que rien ne change, à se lamenter au lieu de chercher en bâtir une nouvelle donne ou tout le monde s’y retrouverait surement si on voulait bien y travailler ensemble. Tu vois l’arrivée des gratuits est typique. Si ça marche c’est qu’il y a de la place. La question n’est donc pas comment les entraver mais plutôt de comprendre pourquoi ils sont là et comment proposer mieux ou autre chose. Je n’ai jamais autant acheté de produits culturels que depuis que j’ai Internet. Je découvre des livres, des CD en surfant et comme ça me plait, j’achète. Alors tu vas me dire que c’est la mort des libraires au profit d’amazon ? Peut être mais je n’aurais jamais trouvé ces bouquins en ville !

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